Le ring et le panier d’achat : quand GSP et Shopify décident de cogner sur nos certitudes
Startupfest 2026 : ce que Harley Finkelstein et Georges St-Pierre nous ont rappelé sur le succès
L’ambiance des grands jours régnait au Startupfest. Beaucoup s’attendaient au traditionnel défilé d’entrepreneurs venus présenter leur vision de l’innovation. Pourtant, l’une des conférences les plus marquantes n’a pas porté sur l’intelligence artificielle, les levées de fonds ou les technologies émergentes.
Elle a réuni deux personnalités que tout semble opposer : Harley Finkelstein, président de Shopify, et Georges St-Pierre, ancien champion de l’UFC.
À première vue, leurs parcours n’ont rien en commun. L’un dirige une entreprise technologique mondiale. L’autre a dominé l’un des sports les plus exigeants de la planète.
Pourtant, au fil de la discussion, une réalité est apparue : les mécanismes qui permettent de performer sont étonnamment similaires.
La peur ne disparaît jamais
L’un des moments les plus marquants est venu de Harley Finkelstein.
Après plus de vingt ans chez Shopify, il a reconnu qu’il lui arrivait encore de se réveiller la nuit avec la peur de voir son entreprise échouer.
Cette confession contraste avec l’image que l’on se fait souvent des dirigeants à succès.
On imagine qu’à un certain niveau, les doutes disparaissent.
En réalité, ils changent simplement d’échelle.
Georges St-Pierre est allé dans le même sens.
Selon lui, toute personne qui prétend ne jamais avoir peur ment.
La différence entre un champion et les autres n’est pas l’absence de stress, mais la capacité à fonctionner malgré celui-ci.
La peur n’est donc pas un obstacle.
Elle devient un outil lorsqu’on apprend à la gérer.
Visualiser le pire pour mieux performer
Georges St-Pierre a ensuite expliqué une méthode de préparation mentale qui s’éloigne des approches classiques de pensée positive.
Avant un combat, il ne s’imagine pas uniquement la victoire.
Il construit trois scénarios :
- ce qu’il souhaite voir arriver;
- ce que les experts prédisent;
- le pire scénario imaginable.
L’objectif n’est pas d’être pessimiste.
Au contraire.
En ayant déjà exploré mentalement la catastrophe, celle-ci perd une partie de son pouvoir lorsqu’elle menace réellement de se produire.
Cette préparation permet de conserver son calme pendant que les autres paniquent.
Les parcours difficiles construisent davantage que les succès rapides
Les deux invités ont également parlé de leurs débuts.
Harley Finkelstein racontait avoir vendu des t-shirts sur le campus de l’Université McGill.
Georges St-Pierre rappelait qu’il travaillait derrière un camion à ordures, faisait le videur la nuit et poursuivait simultanément ses études et son entraînement.
Aucun des deux n’a commencé au sommet.
Ils ont plutôt insisté sur l’importance de traverser des périodes difficiles.
Ces expériences développent une confiance particulière.
Non pas la certitude de tout savoir.
Mais celle de pouvoir trouver une solution, même lorsque les conditions deviennent défavorables.
Le recrutement demande de la lucidité
La conversation a ensuite porté sur un sujet qui touche directement les entrepreneurs : le recrutement.
Harley Finkelstein a expliqué que l’affection ou la proximité ne doivent jamais remplacer les compétences.
Il a même évoqué une discussion avec Drake, qui applique la même philosophie avec son entourage.
Georges St-Pierre a reconnu avoir lui aussi commis cette erreur au début de sa carrière.
Tous deux sont arrivés à une conclusion simple.
Les meilleurs recrutements se situent à l’intersection de deux critères :
- une compétence réelle;
- une confiance absolue envers la personne.
Un employé extrêmement compétent mais peu fiable représente un risque.
À l’inverse, une personne loyale mais incapable d’occuper son rôle finit par freiner toute l’organisation.
La loyauté ne peut pas remplacer le talent.
Sortir de son environnement pour élever ses standards
Le dernier thème abordé concernait l’ambition.
Harley Finkelstein expliquait que, dès les débuts de Shopify, l’équipe se rendait régulièrement dans la Silicon Valley.
Non pas pour quitter Montréal.
Mais pour observer les meilleurs, comprendre leurs standards et revenir avec une vision plus ambitieuse.
Georges St-Pierre résumait la même idée d’une phrase.
Si vous restez dans votre zone de confort, vous cessez de progresser.
Pour continuer à évoluer, il faut volontairement s’exposer à des environnements où le niveau est supérieur au nôtre.
C’est souvent dans cet inconfort que naissent les plus grands apprentissages.
Une leçon qui dépasse largement le sport et les affaires
En quittant cette conférence, une idée demeurait.
Le succès ne consiste pas à éliminer la peur.
Il consiste à apprendre à agir malgré elle.
Que l’on dirige une entreprise, une équipe ou que l’on prépare un combat, les principes restent étonnamment similaires :
- accepter l’incertitude;
- préparer les scénarios difficiles;
- recruter avec lucidité;
- chercher constamment à s’entourer de meilleurs que soi;
- continuer à viser plus haut, même lorsque tout semble déjà bien fonctionner.
Au final, la peur n’est peut-être pas le signe que l’on est au mauvais endroit.
Elle est souvent le prix à payer pour construire quelque chose qui en vaut réellement la peine.
FAQs:
Comment Georges St-Pierre gère-t-il le stress de la performance ?
GSP utilise une technique d’imagerie mentale poussée où il anticipe non seulement sa victoire, mais planifie aussi minutieusement ses réactions face aux pires imprévus et scénarios catastrophes pour garder le contrôle le moment venu.
Pourquoi est-il dangereux d’embaucher uniquement par amitié ?
Embaucher un proche sans évaluer rigoureusement ses compétences crée un risque de stagnation pour l’entreprise. La concurrence prendra le dessus, et vous serez contraint de rompre des liens affectifs précieux en raison d’une baisse de performance.
Qu’est-ce que les voyages “recharge de batterie” de Shopify ?
Au début de l’entreprise, l’équipe de Shopify se rendait régulièrement dans des pôles technologiques comme la Silicon Valley pour s’imprégner des ambitions internationales, évaluer le benchmark mondial et ramener cette vision à Montréal.





